le phénomène de masquage, un leurre psychoacoustique…

Vous connaissez les phénomènes des illusions d’optiques… mais probablement moins les phénomènes d’illusions auditives.

C’est via une illusion auditive que nous parvenons à leurrer votre audition en exploitant une spécificité de ses caractéristiques psychoacoustiques.

La sensibilité de l’ensemble de notre organe auditif n’est pas linéaire, elle varie en fonction de la fréquence et du niveau sonore. 

Par exemple, l’oreille possède un maximum de sensibilité pour des fréquences comprises entre 2 et 5 kHz. 

Ainsi, deux sons de fréquence différentes et de même intensité peuvent provoquer une sensation de force sonore différente. 

Cette sensation de force sonore s’appelle la « sonie ». 

Ci-contre, les courbes d’isosonie qui retrace notre perception auditive en fonction du niveau sonore (mesuré) et de la fréquence. Premier constat : cette sensibilité n’est pas linéaire. Second constat : notre audition détecte des niveaux plus faibles entre 2 et 5 kHz, notre oreille est ainsi plus sensible à ces fréquences là.

Cette courbe ne relate cependant pas ce qu’il se passe dans notre cerveau lorsqu’il y a plusieurs sons. Ainsi, en fonction de la sonie et de la fréquence, le comportement de notre oreille varie et… des phénomènes de masquage apparaissent.

Je vous explique tout « avec les mains » dans la vidéo ci-dessous ;

On parle de masquage lorsqu’un son est rendu inaudible par un autre. Par exemple, si lors d’une expérimentation, un sujet est soumis à un sinus pur, et à qui on demande d’indiquer à quel moment il perçoit un autre sinus pur de fréquence voisine, le constat est qu’il entend ce second son lorsqu’il est émis à un niveau plus élevé comparativement à sa perception sans le premier son pur (que l’on dit « masquant »).

Son seuil d’audition absolu est alors « relevé »

Ceci souligne en fait le comportement de notre oreille interne, notamment la membrane basilaire, à l’intérieur de laquelle les sons graves ont tendance à masquer les sons aigus.

C’est ainsi qu’il y a une grande partie du spectre qui n’est pas perçue par l’oreille. 

C’est d’ailleurs en découvrant ces phénomènes que des ingénieurs ont pensé qu’il serait possible de restituer les mêmes caractéristiques audio que le CD sur un support comportant cinq fois moins de données. 

C’est le principe de la compression de données en audio qui est très largement utilisé aujourd’hui sur tout nos supports numériques.

Cette notion de seuil d’audition « relevé » est ainsi fondamentale. 

C’est ce qu’il se passe lorsque vous êtes chez vous et que vous vous levez la nuit parce que vous êtes gêné par le bruit des gouttes d’eau d’un robinet mal fermé ou par le tic tac d’une horloge. Dans la journée, ces sons ne vous gênent pas… car le bruit ambiant est plus élevé et votre audition masque alors ces sons. Votre seuil d’audition est plus relevé en journée et baisse en condition silencieuse. 

C’est ce leurre psychoacoustique qui est utilisé avec les systèmes de masquage sonore utilisé dans les locaux d’entreprise… 

Nous modifions votre seuil d’audition absolue en émettant un son doux et neutre qui va modifier votre perception des sons vous environnant. 

C’est ainsi que vous allez moins percevoir en open space les conversations de votre collègue, les bruits de clavier ou d’imprimante. Vous allez pouvoir mieux vous concentrer et bénéficier d’une meilleure intimité

Et également, cela va vous garantir la confidentialité des discussions entre les bureaux car ne vous ne comprendrez plus la teneur de la discussion dans le bureau d’à côté. 

Le masquage sonore est ainsi utilisé pour améliorer le confort des collaborateurs en open space ou pour garantir la confidentialité des échanges. 

Très simplement et à moindre coût.

 

Cet article a été rédigé par Stéphane Dufossé, Directeur de S-Acoustics.

 

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